SucreBen: Choisit-on d’être un sugar daddy?

SucreBen: Choisit-on d’être un sugar daddy?

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Choisit-on d’être un sugar daddy? Personnellement je ne savais même pas ce que ce mot voulait dire lorsque cela m’est tombé dessus. Le contexte pouvait faire sourire, se faire aborder dans son simple appareil (pour ne pas dire tout nu) par une babe me demandant comment marche un robinet mitigeur de douche dans l’espace wellness d’un club de sport. Afin de ne pas choquer nos lecteurs je préciserais que ce club dont je terrais le nom se situe au Luxembourg et qu’il n’est manifestement pas étrange là-bas que les membres d’un club de sport se réunissent après leur entraînement dans des espaces wellness sans aucun maillots et sans qu’aucun regard ne se voile de la brillance suspecte de l’indiscrétion ou de la coquinerie.

Alors me direz-vous, si cela est tout à fait dans les mœurs d’être nus là-bas sous la douche entre garçon et filles, pourquoi nous relater cette histoire et nous la présenter comme le point de départ d’une nouvelle rencontre et d’une nouvelle vocation dans le sugar dating?

Et bien c’est que, malgré ma petite expérience, ne me considérant pas comme un laideron mais pas comme un playboy non plus, et ayant surtout pris conscience des difficultés d’un homme de 45 ans à se remettre à séduire, à être attirant, je me suis dis sur l’instant que non… non ce n’était pas juste une question anodine d’une jeune fille sous la douche, qu’il y avait quelque chose en plus. Il faut vous dire qu’il y avait des mois de lecture derrière mois lorsque c’est arrivé, des mois à parcourir des articles sur la séduction, des pages et des pages ingurgitées de manuels écris par des prétendus pickup artistes, des mois à m’exercer sur des techniques d’approches avec plus ou moins de succès, entre rendez-vous sans queue ni tête et petites réussites me conduisant parfois jusqu’au lit, mais toujours avec cette incertitude des lendemains qui ne chantent plus, cette angoisse de l’abandon et cette solitude typique de notre société aux œillères. Non finalement je ne pouvais que constater que l’attitude de cette jeune femme était quelque chose que je n’avais encore jamais vécu jusqu’à présent.

L’air de rien donc, en gardant un flegme presque britannique et en prenant soin de rester de profil pour ne montrer en rien mes bijoux de famille et donner ainsi libre court à mon imagination malade de castré qu’on bouscule trop, je montrai comment marchait le robinet à la jeune fille, qui visiblement était très contente de son coup et n’arrêtait pas de se tordre en riant très fort en me dévisageant de ses yeux noirs profonds à la moindre de mes hésitations.

L’épisode en resta là. Cela pris quelques minutes pour que je ré-atterrisse. La fille après avoir pris sa douche en silence passa en salle de repos, serviette autour de la taille, et moi je me je me tins là encore quelques instants à me repasser le scénario en boucle de la scène en m’interrogeant sans cesse sur ce que je n’arrivais pas à saisir, cette aura si spéciale qui faisait que je me sentais comme kidnappé au fond de moi par une force que je ne maîtrisais pas.

Ho quelle reconnaissance j’eus à ce moment envers ces années de galère passées à vouloir reprendre le fil de ma vie : avant qu’il ne soit trop tard je trouvai le discernement nécessaire pour passer à l’action.  Je me rhabillais d’une serviette et pour bien faire j’allais demander la permission de m’asseoir à côté de la belle en salle de repos. J’appris ainsi que la fille était russe et portait le doux prénom d’Oxana. S’en suivit un long échange où je lui parlai de mes activités dans l’organisation de concerts caritatifs pour une association travaillant avec une communauté d’expatriés dont je faisais partie, l’occasion rêvée de l’inviter dans ce bar où allait avoir lieu justement un concert quelques jours plus tard.

Par un tour de passepasse j’obtenais son Facebook et le soir venu j’étais déjà en train de l’inviter pour prendre un verre le lendemain après le travail dans cet espace, l’enthousiasme et la bonne énergie n’attendent pas et se montrer désirable en prenant mon temps avant de me manifester n’a jamais été ma politique. 

Ne vous attendez pas à un happy end, la belle et moi sommes allé boire un verre effectivement, mes maladresses, mon accoutrement de non initié un peu geek ne jouèrent pas en ma faveur. Rien ne s’en est suivi de cette soirée pendant laquelle je montrai évidemment beaucoup d’intérêt pour elle mais manquait cruellement de distinction à trop vouloir jouer le jeune que je n’étais plus. La fille me voyait comme un sugar daddy et s’attendait probablement à ce que je me comporte en tant que tel, les histoires qu’elle me compta approuvaient de sa tendance pour les hommes murs : déclarations d’amour enflammées de cœurs esseulés et propositions de mariage parsemaient son passé.

Je ne su m’identifier alors à l’image que je lui avait renvoyé au club et ce n’est que quelques mois après, presque un an plus tard que je compris que dans mon allure à cet instant T sous la douche, dans ma façon d’être et dans mes gestes, j’étais devenu moi aussi un sugar daddy. Cette fille l’avait remarqué avant moi. Il ne me restait donc plus qu’à rejoindre ce fil conducteur vers ce que j’étais devenu vraiment et enfin vivre ma vie dans la plénitude de l’instant présent.

 

Vous pouvez toujours écrire à SucreBen à Sucre.Ben@yahoo.com

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